Première partie - La partie touristique,
La première partie de notre voyage s'est passée de Passau jusqu'à Vienne et Budapest. Cette partie est la plus belle et la plus fréquentée par les cyclistes. Le tourisme est de plus en plus développé dans l'Autriche, la Hongrie et la Croatie.
Deuxième partie - Plus personne,
C'est après avoir quitté Budapest que je me suis rendu compte que la majorité des gens n'ont pas envi de voir la pauvreté en face et préfèrent rester dans les coins beaux et touristiques. Depuis Passau jusqu'à Budapest, on rencontre des centaines de cyclo-campeurs, mais dès que l'on va après Budapest, que l'on commence à entrer dans la Serbie, on ne rencontre plus que 4/5 cyclo-campeurs. L'accueil en Serbie reste chaleureux, mais les gens commencent déjà à nous regarder comme des favorisés et des riches. L'arrivée sur Belgrade est remplie d'immeubles délabrés et de gens pauvres. C'est là qu'on se dis encore qu'on est nés dans des pays favorisés. Le coût de la vie est également beaucoup moins élevé qu'en France ! Les prix étaient en général 2 fois moins chers qu'en France ! On pouvait voir la nette différence de prix dans les cigarettes par exemple. En Serbie et Roumanie, un paquet coûtait l'équivalent d'un euro alors qu'en France on en est à environ 5 euros.
C'est à la frontière Roumaine que j'ai vu quelque chose qui m'a frappé et que je ne pensais pas voir, déjà si près de la France. Nous attendions sur le pont qui traverse le Danube et qui passe de la Serbie à la Roumanie et nous avons vu plusieurs gens cacher des paquets de cigarettes achetés dans des Duty Free (donc moins chers car sans taxes) pour les revendres de l'autre côté de la frontière.
Troisième partie - La pire journée,
Durant tout notre voyage nous n'avons eu que du soleil, excepté deux nuits de pluie. Mais la pire journée fut en Croatie, où il faisait près de 40°, et on avait un vent chaud, de face.
Dans l'après midi, un barman nous avait rempli nos gourdes d'eau très fraîches, mais notre bonheur ne dura guère. Environ 45 minutes après, la moitié de l'eau s'était évaporé et le reste était chaud.
Mais je peux vous dire que quand on a soif, l'eau, on la boit !
Quatrième partie - Le retour,
Le retour fut épique, et il m'a encore plus ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Déjà, en arrivant à la gare, l'employé nous dit que "officiellement, il est interdit de mettre des vélos dans les trains roumains, mais si vous voulez vraiment partir, vous pouvez donner de l'argent au contrôleur et ça sera bon". C'est là que l'on voit que les gens font un peu ce qu'il veulent. Pour finir avec l'histoire des vélos, dans chaque train le contrôleur faisait un calcul aproximatif et nous indiquait un prix que l'on devait payer. C'est là encore que l'on voit que les gens font ce qu'ils veulent car dans un train on nous a demandé l'équivalent de 50 euros, et dans l'autre on ne nous en a demandé que 10 ! Mais finalement le transport des vélos nous a couté plus cher que nos propres billets.
C'est à la gare de Arad qu'il c'est passé quelque chose qui je pense, me marquera toute ma vie. Il était 1h du matin, nous étions assis sur les bancs et attendions la correspondance de notre train. Et là, un gosses seul, d'environ 10/12 ans, maigre comme un clou et les larmes aux yeux s'assoit à côté de nous ! Je peux vous dire que rien qu'à le voir, j'avais également les larmes aux yeux, et à ce moment là dans ma tête, je pensait à tous les gens de nos pays riches qui se plaignent que leur pouvoir d'achat baisse, je pensais à tous ces gens qui se plaignent sans raison, je pensais à tous les gens riches qui s'achètent des choses inutiles alors qu'ils savent que des gens crèvent de faim ! Et c'est à ce moment là que j'ai réellement compris qu'un enfant, orphelin, de 10 ans, a plus de bon sens qu'un patron d'entreprise qui a fait de grandes études. J'étais tellement attristé par cet enfant que je lui ai donné un peu d'argent, mais cet enfant ma rendu mon billet et m'a montré la nourriture que j'avais à côté de moi ! C'est à ce moment là qu'on comprends réellement que l'argent n'est que du papier, que l'argent ne se mange pas, ne se boit pas, ne se plante pas, ne se récolte pas ! On se rend compte qu'un morceau de pain vaux plus que tous les billets et les pièces qui existent ! Je vais reprendre une phrase de Geronimo (un Indien ayant vécu au XIXe siècle) qui a dit "Quand le dernier arbre aura été abattu - Quand la dernière rivière aura été empoisonnée - Quand le dernier poisson aura été péché - Alors on saura que l'argent ne se mange pas".
Après ce voyage, je suis plus qu'engagé contre toutes ses injustices ! Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ! On a tous du sang sur les mains en ne faisant rien contre cela, personne n'est innocent, on est tous coupables !
Dernière partie - Les clandestins,
La dernière chose qui m'a touché et que je ne pensais également pas voir aussi près de la France c'est passé dans le train de Arad pour Budapest. On devait changer les vélos de wagon. On avait que 5 minutes d'arrêt donc il fallait faire très vite ! Et à ce moment là des policiers et douaniers montent dans le train pour un contrôle ! Moi j'aidais mon père à l'autre bout du train et donc je n'étais pas au courant.
A pars cet épisode, au bout d'un moment, je vois des gens taper avec des perches un peu partout dans le train ! Je pensais qu'ils y avait un problème technique dans le train, mais enfait ils tapaient pour voir si il n'y a pas de passagers clandestins cachés dans les places pour les baggages etc ! Et finalement ils ont dénichés deux clandestins, un adulte et un enfant, cachés derrière une planche de bois, sous les banquettes. Et c'est là encore que je me dis de plus en plus que presque tous ce qui porte un uniforme se croit un peu supérieur.
Maintenant que je suis de retour en France, ça me fait bien rire de voir tous ces gens se plaindre, alors qu'ils ont au moins la chance d'avoir à manger le jour et un toit la nuit !
(Ci dessus, une photo que j'ai prise à Vienne, que j'ai trouvé très explicite sur la société d'aujourd'hui)
DOKI.


